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le Prélude de Natsuki

 

Prologue

 

Les vagues allaient et venaient en roulant. Elles se brisaient en heurtant la falaise.

 

Venant de Fûka, une route éclairée par les étoiles suivait le haut de la falaise au bord de la mer.

 

A environ la moitié de la route, un rocher pointai, face à la mer. Natsuki se tenait là, seule.

« Maman… »

 

Natsuki ferma les yeux en laissant échapper ce doux, presque inaudible murmure.

 

Elle avait beau savoir qu’il lui fallait oublier, elle ne pouvait effacer de sa mémoire le souvenir de ce qu’il s’était passé cette nuit-là, 10 ans plus tôt.

 

C’était arrivé au laboratoire Iwasaka Pharmaceuticals de Bioshi. Le « Bureau d’Etude de Maman », comme elle l’appelait.

 

Elle se souvenait comment sa mère l’avait secouée pour la réveiller alors qu’elle s’était endormie dans le laboratoire, fatiguée d’attendre que le travail prenne fin.

 

Sa mère, d’habitude si calme et douce avait un air désespéré.

 

Sur ce, Natsuki fermement accrochée à son meilleur ami Duran qu’elle avait supplié d’emmener, elles étaient montées dans la voiture de sa mère et avaient fui sur cette route sombre.

 

Jusqu’à… --- cet endroit.

 

C’était là qu’ « ils » les avaient attendues.

 

Ces « oncles noirs » qui entraient et sortaient de Iwasaka Pharmaceuticals avec leurs costumes sombres et leurs lunettes de soleil. Ils se tenaient toujours immobiles, comme s’ils gardaient silencieusement le labo. Ou encore allaient jouer avec Natsuki ou lui donner des bonbons en cachette pendant qu’elle attendait sa mère.

 

Mais désormais, ils se tenaient simplement là, le regard sinistre.

 

Natsuki n’avait jamais vu cela avant cette nuit.

 

Ce qu’il se passa ensuite, elle n’en gardait aucune image.

 

Elle ne se souvenait que du grincement suraigu des freins et de le choc de l’impact quand elles avaient percuté la barrière.

 

Puis une sensation de suspension comme elle pouvait sentir quelque chose se refermer sur elles, et puis le cri de sa mère.

 

Elle avait dû crier elle-même.

 

Mais ses mots dormaient dans les profondeurs en dessous de la falaise, avec sa mère et Duran.

 

« Alors, c’est encore ici que je te trouve. »

Les pensées de Natsuki furent interrompues par une voix derrière elle.

« Pareil pour toi, pourquoi es-tu revenu ici ? La Dixième Division n’existe plus, pas vrai ? – Sukomizu », répondit Natsuki sans même se retourner.

-C’est vrai. Mais avant de partir, j’aimerai saluer quelqu’un… si tu n’y vois pas d’inconvénient ? »

 

Sakomizu était le professeur de Natsuki à l’Académie Fûka. C’était aussi un agent travaillant pour une organisation appelée la Première Division, ---- ou plutôt il y avait travaillé.

 

Il avait un bouquet de fleurs à la main.

« Elles ont poussé dans les massifs de l’Académie Fûka. Je ne sais pas si ces fleurs seront bien reçues, mais malheureusement tous les fleuristes ont fermé en ville.

- Fais ce que tu veux. »

Sakomizu sourit, quelque peu soulagé par cette réponse bourrue, et jeta le bouquet.

 

Les fleurs touchèrent la surface de l’eau et disparurent en un clin d’œil.

« Tout comme nous… », murmura doucement  Natsuki en levant les yeux.

 

La grande étoile des HiME entra dans son champ de vision.

 

L’étoile à l’origine du pouvoir de filles appelées HiME.  Elle donnait le pouvoir de matérialiser de la matière de premier ordre à partir de rien.

 

D’ordinaire, elle brillait faiblement à côté de la lune, mais elle était désormais plus proche qu’elle ne l’avait jamais été, elle étincelait, menaçante, si grosse qu’on pouvait distinguer jusqu’au plus petit détail.

 

On eut dit qu’elle proclamait la fin de Natsuki, l’une des trois HiME survivantes qui restaient.

 

Oui. A ce moment, tout touchait à sa fin.

Même le combat de Natsuki, qui avait débuté dès son réveil en tant qu’HiME dernier été touchait à sa fin.

 

I

 

La cloche de l’église sonna.

 

Elle imitait une religion étrangère en sonnant à travers l’Académie Fûka qui abritait une école élémentaire, un collège et un lycée privés, appartenant à une famille noble et qui dirigeait le Japon en entier an matière d’éducation.

 

Mais pour une jeune fille qui sommeillait sur la pelouse de l’école, la cloche ressemblait à une alarme.

--- « L’école est enfin finie, non ? »

 

Les cours étaient terminés. La fille en uniforme de collège se redressa, sentant le bruit caractéristique d’après les classes augmenter.

 

Natsuki se leva et s’étira avec un petit bruit.

 

Ses longs cheveux noirs tombaient dans son dos. Pas un seul gramme de graisse n’entourait ces bras minces. Sa poitrine manquait peut-être encore un peu de volume, mais son corps féminin, caché sous l’uniforme aux allures de costume de marin promettait déjà une future sensualité.

 

« Natsuki, tu sèches encore les cours ? » fit une voix derrière elle.

 

Le doux accent de Kyoto, et l’audace d’appeler Natsuki par son prénom ne pouvaient venir que d’une personne de l’école.

« J’ai été assez patiente pour y assister toute la matinée. En plus, mon record de présence est excellent. Tu n’as pas besoin de me réprimander, Shizuru. »

 

Natsuki se retourna ; une fille en uniforme du lycée se tenait devant elle.

 

----- Une étudiante qui dégageait un charme et une sérénité d’adulte comme elle se tenait là, seule. Shizuru Fujino, une élève en deuxième année de lycée, et la seule personne que Natsuki pouvait considérer comme une amie dans cette école.

« Si acerbe, comme toujours… mais… »

 

Elle s’approcha de Natsuki avec un sourire charmant, et passa doucement son index sur la joue de la jeune fille.

« … ! »

 

Natsuki ne put s’empêcher de rougir à ces mots.

« Héhé, tu es toute rouge… Natsuki tu es vraiment trop mignonne. »

 

Natsuki se débarrassa du doigt de la souriante Shizuru, qui avait déjà fait son chemin jusqu’à son menton. Les joues en feu, elle lança avec colère : « Gah !! Franchement, tu es toujours… toujours… !! C’est si drôle que ça de t’amuser à mes dépends ?

- Oui. »

 

Natsuki était à cours de mots, embrouillées par les gentilles plaisanteries de Shizuru.

---- Vraiment, cette femme !

 

Oui, la seule personne qui pouvait si aisément atteindre Natsuki, qui dégageait habituellement une telle aura  de « cool » et « inaccessible » était cette élève, Shizuru.

 

Qu’avait-elle de si amusant ? Ou plutôt, selon les termes de Natsuki, était-ce si donc si drôle de la taquiner ? – Quelle qu’en soit la raison, Shizuru le faisait en chaque occasion.

 

Pourquoi Shizuru, aussi menaçante et dure que Natsuki puisse être envers elle, pouvait-elle la prendre de vitesse et l’avoir à sa merci ?

 

Cependant, cela ne déplaisait pas tant à Natsuki.

 

Pour quelqu’un comme elle, quelqu’un qui gardait délibérément ses distances avec les autres, Shizuru était plutôt une exception.

« Oh, je me sens si timide quand tu me regardes droit dans les yeux comme ça…

- C’est pas- ! Vraiment, tu… quelque chose ne va pas ? »

 

Natsuki essaya de changer de sujet pour la distraire.

« Ca ne va pas ? Eh bien… pas vraiment, mais Sakomizu-sensei te cherche. Récemment, tu as commencé à venir à l’école avec ta moto, n’est-ce pas Natsuki ? Tu devrais faire attention à ne pas te faire prendre par le Comité Exécutif ou Sakomizu-sensei. »

 

Natsuki fit claquer sa langue à ces mots.

« Suzushiro, je parie… »

 

L’autre jour, elle avait été assez sévèrement réprimandée par « le membre le plus zélé du Comité Exécutif de l’Académie Fûka, une véritable tornade », Suzushiro, pour être venue en moto à l’école.

« Quelle plaie de se faire attraper par une personne pareille. Cela dit, on dirait que le Conseil Exécutif vient d’être renforcé… ------ Sokamizu-sensei  était plutôt inquiet aussi.

- Renforcé ? Il s’est passé quelque chose ? »

 

Le Comité Exécutif était une branche du Conseil Exécutif chargé du maintien des bonnes mœurs et de la sécurité publiques. Pour qu’il soit renforcé, un évènement inhabituel avait dû se produire dans l’école.

« Des chiens errants sont apparus assez souvent sur le campus. C’est pour ça que nous avons besoin de renforts. »

 

Et sur ces paroles, le professeur principal de Natsuki, Sakomizu Kaiji apparut.

 

C’était le professeur responsable de sa classe. Il était assez rondelet, avec une afro qui eut fait un très bon nid d’oiseaux. Malgré sa forte apparence, son naturel calme en faisait un autre professeur inoffensif. En tout cas, c’est ce que Natsuki pensait de lui.

« Tu as dit des chiens errants ?

- Oui, très gros apparemment. »

Natsuki fit un sourire sarcastique devant l’expression sérieuse de Sakomizu.

« Qu’elle soit hantée par des fantômes ou attaquée par des monstres rebelles… cette école aura tout vu, pas vrai ?

- Il fallait s’y attendre avec une école qui est là depuis si longtemps. Mais quoi qu’il en soit…

- Oui ?

- A propos de ta moto, Kuga-san, pouvons-nous passer une sorte d’accord ? Il est écrit dans le règlement de l’école que tu n’as pas le droit de rouler avec à l’école. Ah, Fujino-san, essaie de la convaincre.

-J’essaierai de l’arrêter si je le pouvais, mais… elle ne semble pas être la plus obéissante des enfants, n’est-ce pas ?

- C’est vrai… Kuga-san est en effet très têtue.

- Oui. Définitivement.

- Que c’est ennuyeux. »

Shizuru et Sakomizu acquiescèrent.

« Hé, ne parlez pas comme ça quand je suis là.

- Mais Natsuki, peu importe combien de fois nous te le disons, tu n’écoutes pas.

- C’est vrai. Elle n’est même pas venue en cours…

- Hm… »

Natsuki bégaya, soudain attaquée des deux côtés. Sakomizu vint tout près d’elle et murmura de sorte qu’elle seule put entendre : « Tu devrais aussi arrêter de traîner dans les bars du quartier commercial. Des types douteux vont et viennent là-bas. Tu es une princesse, après tout.

- Qu… ! »

 

Comment est-ce qu’il ----

 

Natsuki était déconcertée. Elle essaya de masquer son tremblement, mais la vérité des paroles de Sakomizu se répandait en elle.

« … De… de quoi parlez-vous ? » demanda-t-elle, faisant de son mieux pour parler d’une voix calme. Sakomizu fit un sourire ironique.

« Simplement, fais attention. Je te le demande. Je suis responsable du comportement de mes élèves, et leurs actions ont des répercutions sur moi aussi. »

Il employait son habituel ton insouciant. S’essuyant le front avec un mouchoir froissé, il s’en alla.

« …. »

 

Natsuki le regarda partir de dos en se demandant toujours :

----- Comment sait-il ? Et m’appeler « princesse » ? D’où est-ce que ça vient ?

« Natsuki ? Tu as l’air si sérieuse, que s’est-il passé ?

-Ah, hm… rien. Je rentre chez moi. »

Shizuru fronça légèrement les sourcils à la réponse évasive de Natsuki. Elle se reprit, souriant de nouveau.

« Tu pars déjà ? C’est dommage. Je voulais être avec toi un peu plus longtemps... »

 

Elle enlaça soudain Natsuki par derrière, la serrant contre elle.

 

Natsuki sentit une douce sensation à être ainsi enveloppée par les bras de Shizuru.

« He-hey, Shizuru !

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- C’est… hm… hey ! Qu’est-ce que tu fais ? Laisse-moi partir ! »

 

Avec un large sourire, Shizuru la laissa partir.

 

« Tes choix de lingerie sont devenus plus raffinés ces derniers temps. Si doux au toucher…

-IDIOTE ! » s’écria Natsuki avec colère. Bégayant et très rouge, elle se pressa à travers le bois derrière l’école.

 

Elle avait garé sa moto dans les environs.

 

Shizuru eut un petit sourire de soulagement en voyant Natsuki partir ainsi.

« Attends Natsuki. Tu devrais te changer, non ? Laisse-moi t’aider. »

 

Sur ce ton de plaisanterie, elle sourit gaiement. Elle courut après Natsuki, ignorant ses « tais-toi » et « n’approche pas » et disparut dans le bois.

 

II

 

« … La Première Division ? C’est comme ça qu’on les appelle ?

- Oui. On ne sait pas si c’est leur véritable nom ou juste un alias… Mais c’est ainsi qu’ils se nomment. »

 

Quelques heures avaient passé depuis les évènements à l’école. Natsuki était assise dans un bar appelé Rorschach à Tsukimori, dans le quartier marchand d’une des villes voisines de l’école.

« La Première Division… »

 

Natsuki répéta ces mots, tentant de faire taire l’excitation dans sa voix.

 

Depuis la nuit même où sa mère était morte, il n’y avait plus dans le cœur de Natsuki que la soif de revanche contre ceux qui lui avaient pris sa mère. Depuis ce jour elle avait suivi chaque piste, cherchée toute organisation pouvant avoir un lien avec sa mère.

 

Mais, en toute honnêteté, Natsuki savait qu’une simple collégienne ne pouvait pas grand-chose. C’était de la folie, de se mettre dans des circonstances si dangereuses à nouveau. Oui, elle était incapable de saisir le cœur de l’organisation. Natsuki était en permanence tourmentée par le sentiment d’être impuissante.

 

C’était sa chance. Natsuki avait rencontré cet homme qui occupait un des seuls sièges pleins du comptoir.

 

Cet homme s’appelait Yamada.

Personne ne savait d’où il venait. Son nom, Yamada, était probablement un nom d’emprunt. Il n’avait même pas l’air Japonais du tout.

La rumeur prétendait qu’il avait été artisan dans un autre pays. Natsuki se moquait de tous ces détails.

Yamada faisait son chemin autour les coins les plus louches du monde. Quand la paie était bonne, il ne s’interrogeait pas trop sur la légalité de l’information ou de l’arme qu’il mettait dans les mains de Natsuki. Cela lui convenait.

 

C’était lui qui lui avait vendu le nom de l’organisation dont elle n’était même pas sûre de l’existence jusqu’à ce jour.

------ La Première Division… Ce pouvait-il que ce soit le nom de l’organisation qui avait utilisé puis tué sa mère ?

 

C’était étrange. Jusque là, son ennemi avant été aussi distant que les nuages dans le ciel. Mais maintenant, même avec seulement un nom, il lui semblait plus réel.

 

Sans remarquer l’agitation intérieure de Natsuki, Yamada poursuivit avec désintérêt.

« Ils sont un groupe plutôt dangereux. Si tu ne fais pas attention, tu vas te mettre tout le pays à dos.

- Tout le pays ?

- Oui. Il semble qu’ils aient même infiltré le gouvernement. Bien que ce ne soit que des impressions que j’ai eues.

- … »

 

Natsuki avait déjà deviné que quelque chose de ce genre était arrivé, sachant que la mort de sa mère avait été considérée comme un accident et qu’on n’avait prêté aucune attention à ses appels de détresse.

C’est bien ce que je pensais.

 

Immobile, Natsuki feignit un sourire.

« N’est-ce pas intéressant ? Je peux leur mettre la main dessus finalement.

-Amusant… »

 

Yamada était un homme dont l’expression changeait rarement, mais à cet instant les coins de ses lèvres s’étiraient avec amusement.

 

Puis, jouant une nouvelle carte il parla de nouveau.

« Le pouvoir de matérialiser de la matière d’ordre supérieur. Tu en as déjà entendu parler ? »

 

Ce terme fit frissonner Natsuki. Le pouvoir de matérialiser de la matière d’ordre supérieur.

 

C’était le sujet des recherches de sa mère là-bas, non…?

 

“Highly-advanced Materializing Equipment, HiME en bref. C’est ce que cherchent ces gars, des gens qui ont ce pouvoir.

------ - HiME ? »

 

Sa mère, et même ces hommes ne noir à l’institut l’appelaient parfois « princesse ».

 

En fait, quand Natsuki était née ce mois d’août, sa mère avait voulu utiliser les kanji d’ « été » et de « princesse » pour son nom, mais à la place, son père avait préféré utiliser l’hiragana.

 

Sa mère l’appelait toujours « ma princesse », cependant.

 

Jusqu’à maintenant elle pensait que c’était simplement un surnom.

« Il paraît que ces gens rassemblent des personnes avec ce pouvoir à l’Académie Fûka. Tu sais, cette école pour riches de la ville d’à côté.

---- ! »

 

Natsuki ne put cacher plus longtemps son agitation en entendant le nom de sa propre école de la bouche de Yamada. Elle riposta ostensiblement.

« Tu as dit « pouvoir ». Quel genre de pouvoir exactement ?

- Eh bien… Je n’en suis pas encore là dans mes enquêtes.

- Je vois… Continue d’enquêter alors, s’il-te-plaît. »

Natsuki tira une enveloppe de sa poche et la fit glisser devant Yamada.

Yamada hésita. Il ne prit pas l’enveloppe mais la fixa pendant un moment. Il ouvrit la bouche pour poser une question –chose étrange pour lui, en dehors de son travail.

« Je ne devrais vraiment pas en demander tant sur la situation de mes clients, mais… laisse-moi te demander une chose.

- Quoi ?

- Pourquoi une jeune fille comme toi court-elle ainsi après une organisation pareille ? Ce n’est pas un jeu pour les collégiens, ces ne sont pas des ennemis avec qui on peut plaisanter.

- …

- Un simple combat contre eux et tu seras anéantie. Ne les menace pas, d’accord ? »

 

Yamada remua un peu son verre dans sa main.

Les glaçons qui n’avaient pas fondu émirent un son clair.

« Je m’en fiche. Je ne vis que pour ça. Je les chasserai et je les détruirai tous. Peu importe ce que ça me coutera. »

 

Son ton était profond et mortel.

 

Yamada regardé Natsuki dans les yeux, la gorge un peu serrée. Il y avait une lueur effrayante dans ces yeux, brillant d’une intensité pure. Yamada reconnu cette lueur d’il y avait longtemps, quand il avait été entraîné à servir son pays. C’était une lueur de croyance aveugle. C’était si fou, mais si beau… C’était une jeune fille avec qui il fallait compter, elle devait être dangereuse…

 

Yamada se détourna, cherchant l’enveloppe et l’empocha.

« Je te contacterai quand j’aurai du nouveau.

- … Compris. » répondit-elle sèchement en prenant son casque pour se lever de son siège.

 

La ligne de son corps, soulignée par sa combinaison de cuir moulante montrait une jeune fille qui était entrée dans la maturité, mais restait encore solidement ancrée dans l’enfance.

 

Yamada n’était pas du genre à apprécier une telle vue, mais la tension qui enveloppait la fille augmentait, ne laissant aucune place au soulagement.

---- Elle me ressemble tellement… passerai-je le dangereux pas de l’empathie ?

Yamada eut un sourire amer.

 

 Les mots de Natsuki n’étaient pas une menace pour lui. Des ombres inquiétantes avaient persisté à la lisière de sa vision avant même qu’il commence à enquêter sur la Première Division. Il n’y avait rien avec lequel il ne puisse se débrouiller, mais les avoir en travers de son chemin était mauvais pour son travail d’informateur.

------ Cela doit être amusant, pourtant… enfin un ennemi qui en vaut la peine.

 

Yamada sentit la lueur monotone et depuis longtemps oubliée au fond de lui s’allumer une fois de plus. Soit pour l’atteindre, soit pour l’aviver encore, il vida son verre d’un trait.

 

Natsuki quitta le bar, enfourchant sa moto qu’elle avait garée plus tôt dans la ruelle, et noua ses cheveux en arrière avant de mettre son casque.

 

Elle adorait ce véhicule, qu’elle avait eu à peine un mois auparavant.

 

C’était un modèle étranger, le même que son père avait eu.

 

Natsuki n’était pas sûre de savoir pourquoi elle avait choisi ce modèle.

 

Puisqu’elle haïssait son père.

 

Après la mort de sa mère, il l’avait mise, grièvement blessée, à l’hôpital, et l’avait tout simplement laissée là. Il y avait aussi des choses qu’elle n’avait comprises que plus tard --- que ses parents travaillaient tout le temps et se disputaient souvent, ne s’entendaient pas bien. Mais ils jouaient toujours la carte de l’harmonie en face d’elle.

 

Son père, qui adorait les motos et le rock britannique des années 80. Il avait appelé sa moto « Duran II », parodiant le nom du chien bien-aimé de Natsuki.

 

Son père, qui passait son temps à faire le tour du monde en tant que manager d’une compagnie commerciale, avait toujours du temps libre pour emmener Natsuki en excursion ou en camping.

 

Natsuki avait aimé son père.

 

Mais elle ne pouvait pas lui pardonner.

 

Désormais, son père vivait outre-mer avec une autre femme. Ca n’avait jamais été rendu officiel, mais sa relation avec cette femme existait déjà quand la mère de Natsuki était encore en vie.

 

L’aide qu’il versait, la pension de logement pour sa fille unique, était cependant très généreuse. Cette moto, l’argent pour payer les informations de Yamada, tout ça venait de cette aide.

 

Elle pouvait tout simplement jeter l’argent de son père dans le caniveau, mais elle avait bien conscience que sans ça elle ne pourrait pas gagner suffisamment pour subvenir à ses propres besoins, encore moins à la planification de sa vengeance.

---- Je me demande si venger ma mère tenaille mon ignoble père…

 

Ce serait la vengeance très personnelle de l’enfance heureuse de Natsuki.

 

 Elle enfila son casque, grimaçant d’auto-mépris. Elle tourna l’accélérateur et partit.

 

La moto émit un long rugissement et se pressa hors de la rue sombre de Tsukimori, en direction de la route côtière menant à Fûka.

 

La saison passait de l’été à l’automne et la température était fraiche. Mais cela paraissait bien à Natsuki.

 

La pleine lune était visible dans l’air froid. Et tout près d’elle, l’étoile rouge brillait.

« Natsuki-chan, ne dis à personne que tu peux voir cette étoile. »

 

Cette étoile rouge, elle et elle seule pouvait la voir depuis qu’elle était très jeune.

 

Sa mère lui avait interdit d’en parler, ne voulant pas que quelqu’un d’autre soit au courant.

---- Maman. Que savais-tu ?

 

La question se répercuta dans l’esprit de Natsuki, et les mots de Yamada plus tôt cette nuit lui revinrent.

« Le pouvoir de matérialiser de la matière d’ordre supérieur, HiME en bref --»

« Apparemment, ces types rassemblent des gens ayant ce pouvoir à l’Académie Fûka. »

C’était surprenant, mais elle se sentait de plus en plus proche de la solution.

---- C’est bien ce que je pensais, il y a quelque chose d’anormal dans cette école…

 

Elle entendit un long et fantomatique hurlement. Etait-ce l’un de ces chiens errants ?

 

Ca pouvait être quelque chose d’autre. Y avait-il eu autre chose entre les lignes du discours de Sakomizu ?

 

Sa propre inscription à l’école avait été plutôt mystérieuse aussi, maintenant qu’elle y pensait. Cela avait été le souhait de son père qu’elle passe l’examen d’entrée d’un collège privé, et son professeur à l’époque avait immédiatement suggéré l’Académie Fûka.

« Eh bien, si vous n’avez pas d’idée, laissez-moi vous en donner une. Si vous suivez mes recommandations, vous remplirez parfaitement les exigences . »

 

Ses mots étaient empreints d’excitation.

 

« HiME, huh… »

Ce mot, quel rapport avec moi ?

---- Ça, je le découvrirai.

 

La route à travers la montagne conduisait à la ville de Fuuka.

 

La forme de l’école la dominait en silence, comme un palais d’un autre monde dans la ville calme.

 

Natsuki poussa plus fort sur l’accélérateur, comme pour défier l’école.

 

Seul son rugissement se faisait entendre alors qu’elle la nuit calme de la ville. Elle suivit la route le long de la colline et revint à l’école.

 

Et puis----

 

Comme ne réponse au rugissement de sa moto, un long hurlement résonna derrière la montagne.

 

La voix couvrit complètement l’engin, mais le son n’atteignit pas les oreilles de Natsuki…

 

 

 

III

 

« Huh… ? Kuga-san ? »

 

Natsuki avait garé sa moto à la sortie arrière de l’école et venait d’enfiler son uniforme de collégienne quand elle entendit une voix derrière elle. Elle se retourna, surprise.

 

Une élève portant le même uniforme se tenait devant elle.

« Tu es… »

 

Elle savait qui c’était. Une fille qui était aussi en troisième année de collège, dans la classe voisine.

« Je--- Je suis Higurashi Akane. »

 

La fille nommée Akane regarda Natsuki, les joues en feu comme si elle se sentait soudain honteuse de quelque chose.

 

Cette fille était une des seules personnes qui avaient jamais essayé de parler avec Natsuki  de temps en temps. Elle restait à distance de ses camarades de classe, mais était malgré tout considérée comme populaire en tant que « beauté hors de portée ».

« Tu es en classe D, c’est ça ? On a sport ensemble parfois.

-Tu t’en souviens ?! »

 

Les joues d’Akane rougirent de plus belle.

« Oui, en effet. Pourquoi es-tu là si tard ?

-C’est que… hmm, je--- j’ai oublié certaines notes pour mes devoirs, alors je suis venue les chercher, mais il y a eu tellement de chiens errants aperçus dernièrement. J’avais juste un peu peur, puis j’ai entendu un hurlement quelque part, et tout ce à quoi je pensais était « Nooon ! Je veux rentrer à la maison ! », et puis je t’ai vue Kuga-san, et puis j’ai, sans même réfléchir… » dit-elle avec empressement, sans même reprendre son souffle.

Natsuki fit la grimace devant son empressement. « D’accord, d’accord. J’ai oublié quelque chose en classe aussi. Je peux prendre tes notes pendant que je suis là si tu veux.

-Eh ?! Ah mais, je veux venir aussi !

-Non, il se fait tard. Tu devrais rentrer chez toi. Je t’apporterai tes notes plus tard.

-Mais c’est… profiter de toi, Kuga-san.

-Ne t’inquiète pas pour ça. J’ai l’habitude de marcher seule la nuit. Et de plus, c’est une rare opportunité pour moi de rendre un tel service, n’est-ce pas ? Tu devrais humblement accepter la gentillesse des gens, tu ne crois pas ? »

Akane interloquée regarda Natsuki, clouée sur place comme si elle venait d’assister à un miracle divin.

« … Eh, Higurashi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

-M--- Merci Kuga-san ! »

 

Akane s’inclina encore et encore.

« Tu n’as vraiment pas besoin de me remercier autant. On était dans la même classe avant, non ?

---- Oui ! »

 

Après avoir demandé à Akane son numéro de portable en promettant de l’appeler plus tard, Natsuki prit congé d’elle, souriant gaiement.

 

---- Je suis vraiment d’une humeur bizarre…

Natsuki et un sourire sarcastique pour elle-même. En réalité elle avait juste fait ça pour être sûre qu’Akane n’entraverait pas son investigation à l’intérieur de l’école.

 

Mais malgré tout, il y avait bien longtemps qu’elle n’avais pas parlé si longuement à une fille de son âge. En dehors de Shizuru, bien sûr.

 

Même avant la mort de sa mère, Natsuki s’obstinait à penser qu’elle était quelqu’un qui ne pouvait faire confiance à personne, qui n’avait pas besoin d’amis. Mais dès qu’elle eut rencontré Shizuru, elle se mit à changer, sans même en être pleinement consciente elle-même.

 

*

 

L’atmosphère du campus de nuit était particulièrement angoissante.

 

L’animation diurne due à l’activité et au bruit des étudiants avait cessé, et le calme de la nuit rendait tout plus vide. Le sentiment d’oppression était étouffant.

 

Natsuki n’accordait d’ordinaire pas grande importance à l’école --- mais l’école de nuit lui renvoyait un sentiment d’inquiétude.

 

L’endroit n’était pas complètement désert. En dehors de l’école en elle-même il y avait les dortoirs des élèves, l’église de l’école (où vivait le prêtre), et la demeure de la directrice. Mais comme la zone appartenant à l’Académie Fuuka était entourée de tous côtés par la mer et les montagnes, les gens étaient rares dans les environs --- ou peut-être pouvait-on dire que ce n’était pas un endroit qui engendrait l’énergie vitale.

---- Parfait.

 

Natsuki réfléchit à que faire ensuite  tout en contemplant le hall d’entrée du l’école, appelé le Palais de Cristal, car toute sa surface était faite de verre. La lumière de la lune se reflétait sur sa surface, le faisant briller d’une beauté inhabituelle.

 

 

Se faufiler dans l’école avait été facile, mais elle n’avait pas un indice sur quoi faire ensuite.

 

Elle n’était pas du genre à prêter crédit aux rumeurs de monstres et de fantômes, elles n’étaient que le fruit de la célébrité de l’école.

 

 

La rumeur sur les chiens errants était la seule qu’elle croyait en son cœur, bien qu’elle n’aie aucune idée de leur lien avec la Première Division ou le terme « HiME ».

« Je devrais probablement prendre les notes de Higurashi en premier … » murmura Natsuki pour elle-même en se détournant du Palais de Cristal, quand soudain --------

 

---------- Roooooooooooooooar !!---------------

 

Un long hurlement aigu déchira le silence de Fûka.

---- Un chien errant ? Mais… ?

 

Le hurlement lointain se répercuta sans fin, un son qui ne pouvait appartenir à un chien errant. L’écho se poursuivit, sans défaillir.

 

Le cœur de Natsuki battait plus vite.

------ Chaud…

 

Elle sentit une étrange chaleur sur le côté. Ça devait être près de l’étrange marque que Natsuki avait depuis sa naissance…

------- Rooooooar-------

 

Une fois de plus, le lointain hurlement.

 

Il résonnait plus fort et plus proche qu’avant.

---- Qu’est-ce que c’est… Pourquoi mon corps est-il… si chaud ?

 

Puis, venant de nulle part -----------

 

« Aah, ravi de te rencontrer, Natsuki-chan. »

 

Natsuki regarda autour d’elle à cette soudaine voix.

 

Contre tout bon sens, le propriétaire de la voix se tenait debout sur le toit du Palais de Cristal.

« Qui es-tu bon sang ?!

-Je suis Nagi. Homura Nagi. Enchanté. » C’était un garçon aux cheveux blancs en uniforme de collégien. Ses lèvres formaient un sourire en coin, et il semblait vraiment s’amuser. Ses yeux étroits étaient impressionnants.

 

« On se rencontre enfin. J’ai veillé sur toi, n’es-tu pas contente ? Tu as fait tant d’efforts pour résoudre les choses, mais vraiment je pense que c’est vain.

-Vain !?

-Oh oui, parce que quand le moment sera venu, tu comprendras tout. Qui tu es… ce que sont les HiME…

----- !! »

 

Baissant le regard sur une Natsuki surprise, le garçon nommé Nagi désigné le ciel du doigt. Au bout de son doigt, le bord de la lune ---- et l’étoile rouge.

« Tu vois, cette étoile rouge… on l’appelle l’étoile des HiME. Les filles qui peuvent la voir, ce sont elles les HiME. Il y a une marque quelque part sur ton corps, n’est-ce pas ? la forme de cette marque ---- une marque de HiME ».

 

Le garçon dessina une forme du bout de son doigt.

 

Les lignes qu’il traçait dans l’air dessinaient l’exacte forme de sa marque ---- ces lignes brillaient-elles ?

« C’est… ! »

 

 

Elle appuya instinctivement sur sa marque, palpitant désormais d’une douloureuse chaleur plus encore qu’avant. La figure que le garçon avait dessinée était exactement de la même forme que sa tache de naissance.

« Haha… surprise ? Mais la vraie surprise t’attend encore… »

 

--------Roooooooar----------

 

Une ombre descendit du Palais de Cristal en rugissant.

 

Natsuki retint son souffle, face à face avec la créature.

 

Comme si elle était découpé dans l’air alentour, elle tremblotait légèrement. La bête noir asphalte baissa le regard sur Natsuki.

 

Elle avait un torse massif, soutenu par quatre jambes. Seuls ses yeux rouges étaient visibles là où devait se trouver sa tête. C’était bien une sorte de bête.

 

De tels monstres n’existent pas dans ce monde. Mais la lumière de ses yeux, perçant Natsuki de leur regard, était la lumière d’un être bien vivant.

 

La bête poussa un grognement sourd.

« Masi comme je l’ai appelé à la hâte, des Orphans ne vont pas tarder à le suivre. Ils te dévoreront si tu fais une erreur, une personne portant tant d’amour. Ta force décidera si tu peux l’apprivoiser, et décidera de qui est le maître de qui. »

 

Natsuki regardait simplement, comme en transe… dépassée par la peur mêlée de respect pour ce sombre monstre.

« Vas-y. C’est ton enfant. »

 

Comme à un signal, l’ombre bondit.

 

« ---- ! »

Natsuki reprit ses esprits et se jeta à terre sans attendre avant que la bête n’atterrisse.

 

Elle gronda profondément, comme pour la persuader ou l’intimider.

« Ku-… ! »

 

Natsuki se leva et couru, l’esprit seulement empli de désespoir.

 

La bête fixa la silhouette fuyante de Natsuki seulement un instant, avant de se lancer à sa poursuite en lentes foulées.

« Fais de ton mieux, ma chère Princesse d’Eté… » dit Nagi  avec un sourire, en la suivant des yeux.

 

 

Le cœur de Natsuki, qui avait commencé à battre plus vite dès qu’elle avait entendu le premier grognement, palpitait maintenant de plus en plus violemment.

---- Chaud… !

 

Sa marque était en feu.

 

La sombre bête augmenta sa vitesse, refermant l’écart entre eux.

 

Natsuki fuit vers la forêt de l’académie, le souffle court.

« Wah---- ! »

 

Distraite par ses propres halètements, elle avait trébuché sur la racine d’un arbre et était tombé au sol.

 

Elle se retourna, et vit que la bête l’avait piégée.

 

Natsuki s’adossa à un tronc d’arbre et se recroquevilla de peur.

 

Ses yeux rouges se posèrent sur Natsuki. Elle était si près qu’elle aurait pu sentir son souffle, si cela avait été un être vivant ----

 

« Kyaaaaaaaaaaaaa ! »

 

Un cri perçant s’échappa des lèvres de Natsuki, puis ----

 

La marque sur son côté brilla si fort qu’on pouvait la voir à travers ses vêtements. Des particules étincelantes s’échappèrent des deux paumes de Natsuki.

 

 

IV

 

Un coup de feu déchira le silence de l’académie.

 

La bête de couleur sombre adoucit sa position, puis bondit de côté.

 

La bête avait évité le coup, mais le Child qu’elle poursuivait  n’était pas une proie aussi facile qu’elle l’avait initialement supposé. Comme l’ennemi amorçait sa contre-attaque, la voix de la bête s’éleva en un grondement menaçant, différent des précédents, comme un avertissement.

 

"Quoi...?"

 

Que ce passait-il?

 

Natsuki regarda les objets dans ses mains. Elle réalisa enfin que c’était elle qui avait appuyé sur les détentes et fait entendre le coup de feu.

 

Des pistolets....? Il y avait des détentes, un manche de pistolet, mais sur le corps assez court du pistolet se trouvait une sphère où aurait dû se trouver la partie mobile, ou son chargeur s’il s’était agi d’un revolver. Mais ces objets avaient définitivement la forme d’un pistolet.

 

"Pourquoi...? D’où sortent-ils...?"

 

Ils s’étaient matérialisés dans ses mains comme une illusion, mais leur recul et leur poids étaient vrais, comme ils brillaient clairement et froidement sous la lune.

 

"Ceci... est ton Elément."

 

Une voix surgit soudain des ténèbres. C’était une voix étouffée, différente de celle, enjouée, du garçon nommé Nagi un peu plus tôt. Une voix profonde, imposante. C’était comme si elle avait déjà entendu cette voix quelque part autrefois...

 

Avant qu’elle ait le temps de demander à qui appartenait la voix, la bête avait bougé.

 

"------!"

 

Comme par un réflexe, Natsuki leva les pistolets dans ses mains.

 

Dans un grondement, la bête abaissa sa position avec vigilance.

 

"Ton Elément... l’arme rituelle donnée aux HiME. Tu as matérialisé ces armes de ton propre gré. Mais il n’y a pas de temps à perdre, sers-t-en pour vaincre la bête!"

-Elé...ment...?"

-Elle arrive!"

 

Sans grogner, sans prévenir, la bête sauta en même temps que la voix l’encourageait.

 

Même sans prévenir, et dans son état de confusion actuel, les réflexes de Natsuki réagirent au mouvement.

 

Sans hésitation elle leva ses pistolets, ses choses que la « voix » avait appelés son Elément, et pressa la détente.

 

Les battements de cœur ne cessèrent pas.

 

Sans qu’elle s’en rende compte, ces battements s’étaient transformés en un sentiment d’honneur.

 

"--- Je vais me battre!"

 

Comme au rythme de ses propres battements de coeur, Natsuki pressa la détente de son Elément jusqu’à la limite.

 

*

Combien de temps s’était écoulé...?

 

On eut dit une éternité, mais juste un instant aussi.

 

La bête hurla et bondit. Elle sauta pour mettre Natsuki en pièces avec ses griffes et crocs.

Natsuki tira et esquiva. C’était de la défense---- mais quand avait-elle acquis les compétences en arts martiaux pour un tel combat?

 

La bête sombre et la jeune fille, ses cheveux noirs virevoltant, tourbillonnèrent et dansèrent dans l’obscurité, seulement illuminées par  la lune.

 

---- C’est ça une  HiME...

 

Le propriétaire de la voix qui avait appelé Natsuki plus tôt regardait la scène avec anxiété.

 

---- Es-tu effrayé?

 

C’était un murmure à peine audible.

 

- Mais c’est le destin d’une HiME... aussi béni que ce destin puisse paraître, tu dois comprendre que tu ne peux pas fuir le système.

 

... Et pourtant...

 

"Une minute, ce n’est pas contre les règles?"

 

Ses pensées furent interrompues par une voix soudaine venant du dessus.

 

Il identifia instantanément la voix et répondit sans se retourner.

 

"... Dénonce-moi là-haut dans ce cas? Nagi-san."

 

Seul un rire étouffé se fit entendre...

 

"Je ne ferai pas une telle chose. Vraiment, pourquoi le devrai-je? Je suis lié par un contrat, pourquoi devrai-je m’opposer à "cette personne"?"

 

C’était une voix moqueuse, dégoulinant de sarcasme.

 

"Un contrat... et pourtant, il me semble que tu t’amuses assez...

 -Je ne peux pas m’en empêcher. Pour être honnête, je n’ai pas besoin de me mêler des affaires de ce monde. Mais s’il le faut, j’en profiterai autant que je pourrai.

 -... Ton pouvoir est scellé à cause de ton contrat avec "cette personne", mais l’administration de ce festival n’est-elle pas un devoir qu’on t’a confié parce qu’un jour, dans un monde lointain tu as volé le cœur d’une jeune fille? Du moins c’est ce que j’ai entendu dire.

 -Tu es bavard, n’est-ce pas? Mais ce pouvoir, même scellé, ne peut-il pas t’écraser comme une mouche?"

 

Il parlait d’un ton sévère, biaisé.

 

Ses membres se raidirent. Il était tendu, une sueur froide coulant le long de son dos.

 

A la vue de cette tension, Nagi rit.

 

"Oh, bien. Tu es très amusant. Veille bien sur Natsuki-cha. ---- La fin est proche..."

 

La forme au dessus de sa tête disparut en même temps que la voix faiblit.

 

La menace était levée et la circulation revint graduellement dans ses membres. Il regarda vers le haut.

C’était comme si Nagi n’avait jamais été là.

 

---- C’était dangereux... ma langue pourrait être à l’origine de cette catastrophe...

 

Prenant une profonde inspiration, il reporta une fois de plus son attention au combat de Natsuki.

 

La sombre bête, cette bête qu’on vénérait depuis des temps anciens comme un dieu de la montagne ou un dieu-chien, parfois même appelé "Yafusa", dominait Natsuki, immobile. Natsuki serra fort son Elément, visant.

 

*

- Grrrr....

 

La bête gronda profondément.

 

La bête n’était plus un objet de crainte pour Natsuki. Comment cela était possible, elle ne le savait pas. Tout ce qu’elle savait était que pendant qu’elle combattait la bête, ce qu’elle désirait lui avait été transmis – on ne pouvait le dire autrement.

 

L’uniforme de Natsuki était tâché et déchiré en plusieurs endroits. Il y avait de fines lignes de sang là où sa peau était exposée.

 

Ses longs cheveux étaient également emmêlés après son combat.

 

Il n’y avait plus aucune trace de colère ou de peur en Natsuki.

 

Natsuki regarda la bête sombre.

 

Ses yeux rouges brillaient doucement désormais, fixés sur  Natsuki, comme s’ils essayaient de prévoir son prochain mouvement.

 

"... Que suis-je pour toi? Qu’attends-tu de moi?"

 

Comme elle posait ces questions, un souvenir de quand elle était jeune vint à l’esprit de Natsuki.

Du jour où son père avait rapporté avec lui un chiot en cadeau.

 

Le chiot était si effrayé et tendu d’être amené dans une maison inconnue que tout ce qu’il pouvait faire était trembler.

 

Natsuki ne réalisait pas la peur du chiot, seulement qu’il était mignon, et étendit la main pour le caresser ---- et se fit mordre.

 

Les dents du chiot avaient déjà complètement poussé. Bien que la morsure ne soit pas si douloureuse, Natsuki pleura ---- sous le choc.

 

Je ne veux pas de ce chiot, il fait peur, pleura-t-elle.

 

Son père la réprimanda calmement.

 

"Ecoute, Natsuki. Le chiot est encore effrayé d’être dans un lieu inconnu. Il se sent apeuré et seul----.

 

Tu ne devrais pas pleurer. Pour devenir amis, l’un doit faire le premier pas, que ce soit avec des gens ou des animaux."

 

Le chiot tremblant jeta un regard à  Natsuki derrière le dos de son père pendant qu’il parlait.

 

---- Je vois.... Tout comme ses yeux à cette époque....

 

Natsuki se focalisa sur la bête en face d’elle, se sentant un peu irritée de se rappeler si bien les mots de cet homme détestable à un moment pareil.

 

La lumière qui brillait dans ces yeux était la même que dans ceux du chiot il y avait si longtemps.

 

Les yeux rouges de la bête ne semblaient plus refléter aucune volonté propre, ce n’était que des vides rouges.

Mais même ainsi...

 

Natsuki abaissa lentement son Elément.

 

Le corps de la bête sursautait et tremblait.

 

Natsuki regardait simplement la bête, l’interrogeant, mais l’encourageant.

 

Ils essayaient d’imaginer ce que désirait l’autre---

 

"Est-ce que... tu te sens seul aussi?"

 

Les mots tombèrent de sa bouche.

 

La bête cessa de grogner et fixa Natsuki.

 

Natsuki fit un seul pas en avant.

 

La bête regarda simplement.

 

Natsuki se rapprocha.

 

Quand la distance entre eux fut finalement couverte, Natsuki se tint sans un mot devant la bête sombre.

 

"Je vois... Tu m’as attendue... Duran..."

 

Natsuki sourit.

 

------ Roaaaaaar -----

 

La bête rugit bruyamment.

 

Comme pour lui répondre, comme élevant la voix de joie.

 

"Tu l’as fait, Natsuki-chan. Ce Child t’a acceptée. Alors pourquoi n’accepterais-tu pas vraiment ce Child aussi?" demanda Nagi, apparaissant une fois de plus de nulle part.

 

"Quel que soit ton but, ce Child deviendra un allié puissant. En échange, cependant, tu dois parier la chose la plus importante pour toi.

 -Ça m’est égal. Il n’y a rien qui me soit cher."

 

---- C’est la vérité. J’ai toujours vécu seule.

---- Vécu uniquement pour la vengeance.

---- Et quand je l’aurai accomplie...

 

La marque de Natsuki s’embrasa plus fort. Son cœur battait plus fort, sentant la fin proche.

Comme si un sort avait été jeté, un symbole apparut sur le sol autour de Natsuki et de la bête.

 

Une colonne d’eau s’éleva de la forme, la lumière qui en irradiait trancha l’obscurité du campus et monta en flèche dans le ciel.

 

La lumière se dissipa dans l’air froid.

 

Et pourtant il faisait étrangement chaud.

 

----- Aaah...

 

Natsuki commença à avoir mal au ventre. La douleur ressemblait à celle de la période du mois où elle avait le plus conscience de sa féminité---

 

Puis, un soudain sentiment de béatitude courut le long de son dos.

 

La bête se mit à scintiller brillamment. Dans ce sentiment d’euphorie, Natsuki l’enlaça fort, avec amour.

 

D’une ombre indéfinie, la bête commença à se matérialiser en sa forme véritable, substantielle.

 

Elle avait un corps d’argent chatoyant. Ses jambes étaient fermement ancrées au sol.

 

La seule chose inchangée était le rougeoiement de ses yeux. Ils regardaient fixement Natsuki.

 

"Duran..."

 

- Rooooooaaaaaaaaaar -

 

Enlacé par les bras de Natsuki, Duran, son  Child, fit s’élever sa voix ---- le cri d’un nouveau-né.

 

V

 

C’était trois jours avant  que Natsuki ne retourne à l’école.

 

Elle avait tenu la promesse faite à Akane et avait laissé ses notes dans sa boîte aux lettres. Elle était alors retournée à son appartement, s’était écroulée dans son lit et avait dormi pendant 24 heures.

 

Même après qu’elle se fut reveillée, les évènements de cette  nuit demeuraient semblables à un rêve.

 

Mais son Elément s’était matérialisé dans sa main quand elle l’avait invoqué, c’était donc la preuve que ça ne pouvait pas avoir été un rêve.

 

----- Le pouvoir de matérialiser une matière d’ordre supérieur.... HiME....

 

Elle commença  prendre conscience de son pouvoir d’appeler à elle son Elément et son Child. Ces pouvoirs apportaient des questions, et  Natsuki ressentait quelque chose comme de la terreur au fond d’elle.

 

Pourquoi avait-elle ces pouvoirs? Qui est ce garcon appelé Nagi? Pourquoi l’organisation qu’on nomme la Première Division essaie-t-elle de rassembler les HiME? Dans ce cas, si les informations de Yamada étaient en effet exactes, il devait y avoir d’autres filles possédant des pouvoirs comme elle....?

 

Et plus important, pourquoi sa mère et elle avaient-elles dû fuir cette nuit-là? Et pourquoi devait-elle mourir?

 

------ Les réponses sont toutes là à l’Académie de Fûka.....

 

Et la clé reliant tous ces indices avait été mise juste entre les mains de Natsuki.

 

----- Ou plus exactement, elle s’en souvient.

 

Pour s’en assurer, Natsuki retourna à l’école, bien que ses blessures n’aient pas encore complètement guéri.

 

Natsuki se dirigea vers l’arrière du bâtiment de l’école, où se trouvait un massif de fleurs rattaché à la salle des professeurs.

 

Celui qu’elle cherchait s’y trouvait, comme elle s’y attendait. Portant un chapeau de paille, il s’occupait de ses p=fleurs en silence, comme d’ordinaire.

 

Natsuki tenta de rapprocher le personnage à quelqu’un dans ses souvenirs 10 ans auparavant.

 

Oui, elle le reconnaissait bien. C’était un des “oncles noirs” qui jouaient parfois avec elle et son chien, Duran.

 

"Vous avez bien grossi ces 10 dernières années. Vous ne ressemblez  plus du tout à ce que vous etiez à l’époque."

 

Celui à qui elle s’adressait - Sakomizu – sursauta à peine à la voix de Natsuki, continuant à arroser les fleurs. Il lui répondit sans même se retourner, comme s’adressant à lui même.

 

"Eh bien, c’est pour ça qu’il a été décidé que c’est à moi que serait confiée la mission de surveiller l’école, et toi aussi, pour ce qui est de la sécurité et de l’éveil en HiME tu es concernée. Félicitations, Princesse."

 

Ce ton, c’était la voix qui l’avait appelée  "princesse", celle qui lui avait murmuré trios jours plus tôt...

 

"Vous êtes... avec la Première Division?

 -.... Je ne peux pas te le dire."

 

Ce qui, bien sûr, revenait à l’admettre ouvertement. Natsuki voulu poser une autre question, mais Sakomizu la coupa, ouvrant la bouche le premier.

 

"Je sais que tu as envoyé un type bizarre pour enquêter sur certaines choses pour toi. Je ne peux pas dire exactement pourquoi mais tu dois arrêter ça.

 -Mais je dois savoir! Pourquoi, pourquoi ma mère-----

 -Je comprends ce que tu ressens, mais malgré tout, abandonne.

 -Ce que je suis devenue me permet de vous arracher des réponses, Mais vous ne me direz rien pour autant?

 -Exact. Si je te disais quoi que ce soit, l’organisation m’annihilerait. Ça ne fait aucune différence.

 -....."

 

Il était distant comme de coutume, mais son ton en était loin.

 

"Alors pourquoi prendre la peine de me prévenir?

 -Pourquoi, en effet. Moi-même je ne le sais pas. Pourtant---

 -Pourtant?

 -..... Non, rien."

 

Et sur ces mots, Sakomizu cessa de parler, et comme si Natsuki n’était même pas là, se remit tranquillement à s’occuper de ses fleurs.

 

Natsuki était irritée par la tournure des évènements.

 

"Rusé renard.... un jour, je te ferai parler....

 -Continue, si tu penses en être capable.

-Ha..."

 

----- Pour le moment, je me replie...

 

Finalement, elle avait obtenu une sorte d’indice. She Elle devait se raccrocher à cet indice coûte que coûte.

 

"...Oh, une dernière chose.

 -Quoi?

 -Ne m’appelez plus jamais “princesse”.

 -.... J’y veillerai."

 

Le murmure de la voix de Sakomizu dans son dos, Natsuki s’en alla.

 

*

"Natsuki, que s’est-il passé? Ces blessures..."

 

Après l’école, Shizuru avait attend à son poste habituel dans le jardin arrière, quand Natsuki apparut enfin. Elle jeta un regard aux bandages de Natsuki et grimaça.

 

"Ne t’inquiète pas, ce ne sont que des égratignures.

 -Comment peux-tu dire que ce ne sont que des égratignures... oh, même ton magnifique visage...."

 

La couleur du visage de Shizuru changea d’autant plus quand elle vit le pansement sur la mâchoire de Natsuki.

 

"Tue s tombée de ta moto? Si de telles choses arrivaient, je devrais te garder loin de cette chose, même si je devais te frapper---"

 

Son ton traduisait sa colère, montrant clairement ce don’t elle était capable à la moindre erreur...

 

Il était rare de voir Shizuru, d’habitude si sereine, comme si rien ne la dérangeait, dans une telle colère.

 

"Vraiment, ce ne sont que des égratignures. Et ells n’ont rien à voir avec ma moto.

 -Vraiment?

 -Vraiment," répondit Natsuki, imitant pitoyablement l’accent de Kyoto de Shizuru.

 

"Alors comment, de telles blessures....

 -je suis désolée mais je ne peux pas te le dire. Et même si je le faisais, je doute que tu me croirais. Vraiment, je vais bien. Les blessures ne sont pas assez profondes pour laisser des cicatrices, et vraiment, ce sont comme des décorations pour moi."

 

Le regard de Shizuru demandait sans un mot si elle allait vraiment bien. Natsuki soutint ce regard.

 

Après s’être regardées dans les yeux un moment, Shizuru laissa échapper un soupir d’acceptation.

 

"Je ne demanderai rien de plus alors. Des choses aussi déraisonnables ne devraient pas être faites , je suppose. Mais de te voir ainsi blessée, j’ai cru que mon cœur allait cesser de battre...

 -....."

 

En regardant Shizuru, qui époussetait sa poitrine, une sensation se mit à grandir en Natsuki.

Un sentiment de nostalgie, mais aussi de délice.

 

"....? Natsuki, quelque chose ne va pas?"

 

"Oh, non, c’est simplement que.... ça faisait un certain temps que personne ne s’était inquiété pour moi, alors je suis un peu à court de mots."

 

Shizuru répondit par un sourire aux joues rougissantes de Natsuki.

 

"Mais je m’inquiète toujours pour toi, tu sais? Et puis, il n’y a pas que moi qui pense à toi. Par  exemple--"

 

Un air étrangement sérieux voila son regard, et Shizuru poursuivit.

 

"--- le capitaine du club de Kendo.

 -----!"

 

Natsuki ne put s’empêcher de tressaillir à la mention de son nom.

 

Takeda Masahi.

 

Il était élève dans la même classe que Shizuru, la classe D. Il s’était efforcé de devenir capitaine du club de Kendo. Un jour, bien qu’ils ne se soient jamais parlé, il était soudain apparu dans la classe de Natsuki, un  bouquet de fleurs à la main, et le visage rouge comme une betterave lui avait demandé de sortir avec lui devant toute la classe. Il avait un fort tempérament, je dois dire.

 

Bien sûr, il avait essuyé une défaite à vous ruiner l’esprit. Mais il ne renonça pas, usant de tous les prétextes qu’ils pouvait trouver pour continuer ses avances maladroites. Il semblait être un gars honnête, et bien qu’un traitement si cruel lui ait été un peu douloureux, il pensait que, bien que ce fut regrettable, on ne pouvait rien y faire. Car  Natsuki était visiblement une personne peu encline à embrasser le sexe opposé.

 

L’été approchait, de même que le tournoi de kendo régional. Il mettait tant d’ardeur dans ses activités au club que ses avances finirent pas cesser. Les vacances d’été étaient désormais terminées, et elle espérait qu’il avait finalement abandonné et était passé à autre chose, mais pourtant----

 

"..... Désolée, je déteste qu’on me rappelle ce gros idiot qui fait des histoire à propos de moi.

 -Oh vraiment? Mais si je ne me trompe pas, ça te faisait bien un peu plaisir, non?

 -Absolument pas!!"

 

Shizuru sourit devant la dénégation confuse de Natsuki. L’angoisse qu’elle éprouvait face à la situation avait entièrement disparu.

 

"Cependant, il a abandonné n’est-ce pas? Je ne l’ai pas vu depuis que nous sommes passes en deuxième année.

-C’est parce que le tournoi de kendo de la préfecture va bientôt commencer et il s’est passé des choses au club de  kendo. Il ne peut rien faire tant que ces affaires ne sont pas réglées. Il n’a vraiment pas l’air d’être le genre de type à renoncer...

 -le club de kendo? Oh, oui, maintenant que tu en parles, c’était  Tate... Yuuichi, c’est ça? Il a été blessé, ou quelque chose..."

 

Elle n’était pas très informée à propos de cet incident, mais ils étaient dans la même classe en deuxième année, alors elle le connaissait. C’était un future atout sur lequel le club de kendo avait fondé tous ses espoirs.

 

"Ça a l’air d’être une blessure assez sérieuse.... Takeda-kun m’a dit à quel point ça lui brisait le cœur de ne pas pouvoir voir Natsuki pendant qu’il doit s’occuper de ces affaires...

-Eh bien, c’est dommage pour Tate, mais tant mieux pour moi.

 -Tu ne devrais pas dire de telles choses... c’est un problème très sérieux pour Tate-kun.

 -... j’imagine. Mais je ne peux m’empêcher d’être un peu reconnaissante.

 -Ooh... Natsuki que tu es méchante."

 

Ses mots étaient critiques, mais du soulagement se mêlait dans le ton de Shizuru.

 

Ce sujet clos, Natsuki aborda celui dont elle voulait parler à Shizuru.

 

"Um, Shizuru... tu es la déléguée de classe, non?

 -Oui... Pourquoi tu me demandes ça?

 -J’ai entendu dire que les délégués avaient plus d’accès à l’intranet de l’école que les étudiants normaux...

 -Cependant, je ne peux pas changer le nombre de jours de présence de

 -Ce n’est pas ce que je demande!... je veux juste enquêter sur certaines choses à propos de cette école."

 

Natsuki essayait de paraître aussi désinvolte que possible.

 

Tant de choses restaient obscures à propos de la Première Division et du pouvoir des HiME. Elle ne voulait pas vraiment que Shizuru soit impliquée, mais c’était la seule personne à qui elle pouvait demander une telle faveur.

 

Voilà pourquoi elle devait demander à Shizuru, mais-----.

 

"Je ne devrais probablement pas te demander pourquoi tu veux avoir ça, je pense..." interrompit Shizuru, un peu attristée.

 

"Tu ne devrais pas, je suis désolée.

 -Bien, qu’as-tu besoin de savoir à propos de l’école?

 ----- Le siège de l’administration, le nom du directeur et des dossiers personnels.... Une liste du personnel et des élèves. Et si possible, leurs dossiers personnels aussi."

Shizuru soupira à ces mots.

 

"C’est pratiquement impossible. Le niveau d’accès d’un délégué n’est pas à ce point supérieur à celui d’un élève.

 -je vois.... Bien, oublie ça alors.

 -Je vois...." répondit Shizuru, d’un ton désolé.

 

Cependant quand elle eut dit ces mots, elle regarda Natsuki son visage se mit à rayonner comme si elle venait soudain de prendre une décision.

 

 

VI

 

Les mois suivants semblèrent passer en un clin d’œil.

 

Cependant pour une certain personne, ça ne parût pas aussi rapide du tout.

 

pour Natsuki, ce fut des jours très durs.

 

Son premier combat eut lieu --- une rencontre avec un monstre appelé "Orphan" et qui était apparu sur le campus de l’école.

 

Elle n’essayait pas seulement de faire tomber la Première Division, d’obtenir en vain des réponses de Sakomizu qui évitait ses questions comme glisse une anguille, et de faire en sorte que Yamada et d’autres contacts rassemblent des informations pour elle, elle devait également subir la pression des examens de milieu du second semestre, et plus tard ceux de fin de semestre.

 

Ses jours de présence en cours se comptaient sur le bout des doigts, mais elle obtenait de bons résultats aux tests écrits et n’avait donné à ses professeurs aucun motif de se plaindre. Telle était la méthode de Natsuki.

 

En réaction à ce stress intense, elle achetait de grandes quantités de lingerie qu’elle ne porterait certainement jamais. Malgré tout, cependant, elle réussit ses examens. L’année était bientôt terminée, et les élections pour le conseil des étudiants se tenaient – asse tard comparé aux autres écoles.

 

Natsuki fut Presque aussi surprise que quand elle s’était éveillée en tant que HiME, quand elle découvrit qui étaient les candidats.

 

*

"Félicitations pour les élections, Shizuru.

 -Merci, Nasuki."

 

Shizuru souriait gracieusement, savourant son thé. Les couleurs distinctes de l’uniforme de présidente du conseil des élèves lui allaient à merveille.

 

Shizuru avait été élue présidente du conseil de s élèves du lycée, battant à plates coutures son adversaire, Suzushiro Haruka, une victoire écrasante.

 

Elle arborait déjà un air plein de dignité, et ce serait énoncer une évidence que de dire qu’il lui convenait parfaitement. Tout comme ce serait énoncer une évidence que de sire que c’était pour le moins inattendu.

 

".... Je ne pensais pas que tu étais du genre à te battre pour le pouvoir.

 -Je ne le suis pas vraiment, c’est juste un trait que tout le monde semble me prêter.

 -Eh bien, ce sera toujours mieux que d’avoir Suzushiro comme présidente... mais..."

 

Shizuru sourit en voyant l’esprit de Natsuki s’égarer, puis dit:

 

"Pouvons-nous parler de choses plus plaisantes, maintenant? L’accès du président du conseil des élèves au réseau intranet de l’école est bien plus élevé que celui d’un élève normal.

 ------!"

 

Natsuki s’éclaircit un peu en entendant cela, puis tressaillit, se souvenant de ce qu’elle avait dit il y avait des mois.

 

"Ce n’est pas possible, Shizuru.... tu as fait ça juste à cause de ce que j’ai dit...?

 -Que veux-tu dire?

 -Tu sais... que je, hm, voulais enquêter à propos de l’école."

 

La réponse de Shizuru à la question qu’avait bredouillée Natsuki ne correspondait pas vraiment à son personnage-----

 

Elle éclata d’un rire profond, fort, jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

 

".... Shizuru!"

 

"Je suis désolée, mais une telle chose aussi folle venant de Natsuki... Trop drôle..."

 

Elle s’était enfin arrêtée de rire, et dit d’un ton de protestation,

 

"Natsuki, je ferais beaucoup de chose pour ta sécurité, mais pourquoi prendrai-je la responsabilité du conseil des élèves rien que pour ça?

 -Je... suppose. Oui, tu as raison...

 -Je sentais juste que je devais le faire. Ça fera bien sur mon CV plus tard. Alors, tu ne devrais pas t’inquiéter que je me serve de ma position pour te rendre service."

 

En entendant Shizuru parler ainsi, Natsuki abandonné et fixa des yeux l’ordinateur portable posé sur le bureau – donné à Shizuru comme élément de sa nouvelle fonction de présidente.

 

"Je dois entrer le mot de passé, un petit instant."

 

Shizuru, qui se tenait derrière Natsuki, atteignit le clavier.

 

Natsuki sentit la poitrine de Shizuru reposer sur son dos comme elle tentait de se concentrer sur l’écran, n’osant faire un mouvement.

 

Quand le mot de passé fut entré, une nouvelle fenêtre apparut.

 

Les yeux de Natsuki s’éclairèrent quand le data, normalement inaccessible à un élève normal, lui fut révélé, la souris se promenant sur tout l’écran tandis qu’elle parcourait l’intranet de l’école.

 

Shizuru, toujours derrière Natsuki, sourit avec satisfaction à sa réaction. Elle se sentit débordée par l’émotion, et embrassa doucement mais fermement les cheveux de Natsuki-----.

 

VII

 

"... C’est la voiture...?"

 

Sur un large pont reliant le secteur au continent, Natsuki, en combinaison de moto, regarda la  voiture qu’elle avait pour cible.

 

"Oui, le numéro est aussi le même. Pas de doute possible." répondit Yamada derrière elle, regardant à travers des jumelles.

 

"Tu vas vraiment le faire? Peu importe sous quel angle tu regardes ça, c’est un crime.

 ---- Quelle importance. On continue, comme prévu."

 

La réponse de Natsuki fut brève.

 

"Roger.... tu es vraiment redoutable."

 

Comme Yamada souriait légèrement, une voix dans le cœur de Natsuki lui répondit en silence.

 

--- Je suis juste devenue têtue, c’est tout....

 

Quelques mois s’étaient écoulés depuis que Shizuru était devenue présidente du conseil des élèves, et Natsuki avait déjà commencé le lycée.

 

Durant ces quelques mois, le nombre d’évènements bizarre à l’académie avait augmenté. Natsuki et  Duran avaient battu d’innombrables Orphans.

 

Elle avait faille mourir durant plusieurs de ces combats, mais pourtant elle s’en était toujours sortie.

 

Mais elle n’avait pas encore découvert le véritable but de la Première Division, et le cœur de l’organisation était encore entouré de mystère.

 

Finalement, elle prit le risque de rencontrer le président du conseil d’administration, une fillette de 11 ans nommée Kazahana Mashiro. Une fille qui parlait avec beaucoup de maturité de la Première Division et des HiME. Natsuki fut surprise qu’elle sache la vérité, et lui demanda de battre les Orphans. Elle estima que ce devait être la raison de rassembler les HiME à l’école, mais....

 

----- Non, il doit y avoir autre chose derrière ça...

 

Son manque de confiance en la Première Division ne faiblit pas.

 

En d’autres termes, elle ne pouvait s’empêcher de ne pas faire confiance à l’organisation.

 

Que manigançaient-ils en rassemblant toutes les HiME?

 

Si leur but était uniquement de détruire des Orphans, pourquoi ne pas se montrer et le dire ouvertement?

 

Tout ce manège pour appeler les filles à l’école semblait parfaitement inutile.

 

---- Je ne dois pas les laisser rassembler les HiME ici.

 

Après mûre réflexion interne, Natsuki en était arrivée à cette conclusion.

 

Elle était parvenue à trouver, grace à l’ordinateur de Shizuru, qu’une nouvelle élève arriverait en avril.

 

Minagi Mikoto, qui serait au collège. Cette fille avait attire l’attention de Natsuki car il était étrange de transférer des élèves une fois l’année scolaire commencée.

 

Après force harcèlement, Sakomizu avait avoué.

 

Une nouvelle HiME venait à l’académie.

 

"Okay, on a complètement dévié l’itinéraire de toutes les autres voitures, il ne devrait pas y avoir d’obstacle sur au moins 300 mètres.

 -Compris."

 

Natsuki enfourcha sa moto, et tourna l’accélérateur.

 

La moto décolla en bondissant.

 

La voiture qu’ils avaient prise pour cible atteignait la moitié du pont.

 

----- Si je ne fais pas quelque chose, il ne se passera rien... bien, vais attendre jusqu’à ce que je sente le sol vibrer... pensa-t-elle, persuadée qu’empêcher les HiME de venir leur serait profitable à elles aussi.

 

Natsuki materialize son Elément, et visa les pneus de la voiture.

 

Plus elle combattait, plus elle ressentait les pistolets comme une partie de son corps, lui permettant d’atteindre une cible avec une extrême précision, même sur sa moto lancée à pleine vitesse.

 

---- Ce qu’il va se passer..... c’est le jeu....

 

La voiture passa, et Natsuki pressa la détente.

 

La balle toucha juste, accrochant un des pneus, faisant pivoter et déraper la voiture qui s’arrêta sur le côté.

 

Natsuki, toujours sur sa moto, se retourna pour voir le véhicule.

 

Après un temps, le bruit du moteur accidenté de la voiture s’interrompit et mourut, mettant fin à toute activité de la voiture.

 

Plusieurs longues et douloureuses seconds passèrent----.

 

Une petite silhouette apparut de dedans la voiture.

 

Une fille en uniforme d’écolière. Ça ne pouvait qu’être l’élève en transfert, Minagi Mikoto.

 

---- Et peut-être même... une HiME.

 

Son presentiment tourney à la réalité en une fraction de seconde.

 

La fille attrapa une épée qui semblait ridiculement trop grande pour son corps, ce corps si petit, pourtant, débordant de la volonté de se battre ---- non, d’un véritable désir de sang.

 

--- Elle est déjà éveillée...? Bon sang, ils m’ont encore eue....

 

Natsuki eut un sourire amer, et leva calmement son pistolet, visant.

 

Les deux filles restèrent à se fixer au sommet du pont.

 

Le crepuscule approchait, la lune seule luisait faiblement au dessus d’elles.

 

A côté d’elle, l’étoile rouge brillait, et l’espace d’un instant, elle scintilla.

 

 

Epilogue ~ from step: #25~

 

En y repensant, cette fois, ce premier combat contre Mikoto a sans doute été à l’origine de tout.

 

Cette pensée amère tenait compagnie à Natsuki alors qu’elle se tenait sur la falaise, celle qui lui avait arraché sa mère, regardant la grande étoile scintillant près de la lune.

 

---- Et si nous ne nous étions jamais battues...?

 

Peut-être n’aurait-elle pas pourquivi Mikoto avec tant d’insistence après sa chute du pont, pour compenser les blessures qu’elle avait reçues de la fille....

 

----- Peut-on changer le destin, je me le demande....

 

Penser à ça ne servait plus à rien.

 

La “Natsuki” du passé ne savait rien, ne voulait rien savoir.

 

Elle ne voulait rien savoir des sentiments de Shizuru, des HiME, et par-dessus tout d’elle-même.

 

"Une jeune femme brillante comme toit, faire de telles choses, c’est au delà de mon entendement.... Mais, le Dr. Kuga t’aimait. Je suis certain de ça, si de rien d’autre." Murmura calmement Sakomizu.

 

Etait-ce pour la réconforter? Les accents de pitié dans sa voix l’irritaient, mais la réconfortaient tout de même.

 

"Je crois en la mere qui est en moi. Alors... tout va bien maintenant."

 

Natsuki sourit faiblement.

 

Qu’avait prepare sa mere avec Searrs? Pourquoi avaient-elles dû fuir? Toute la vérité reposait en bas de la falaise.

 

---- Je croirai seulement.... que ma mere a voulu me sauver. Même si j’ai tort...

 

"C’est peut-être que quand les gens chérissent des choses, des choses qui leurs sont vraiment précieuses, ils se perdent, font des erreurs....

 -.... Tu as peut-être raison. Fujino-san aussi, elle---eh bien, elle est tombée amoureuse de toi---- et parce que tu lui étais si précieuse, elle----"

 

L’amour. Un sentiment que Shizuru gardait pour elle. Quand ses sentiments avaient été rejetés, Shizuru s’était brisée.

 

L’amour était, pour Natsuki qui ne l‘avait encore jamais vraiment désiré, un sentiment qu’elle ne pouvait pas encore comprendre.

 

À la vue des émotions violentes de Shizuru, et des sentiments que Mai et Shiho avaient toutes les deux pour Yuuichi, ce mot prenait une dimension qui faisait peur.

 

"Je... ne veux vraiment rien savoir de l’amour."

 

Pourquoi était-ce? Pourquoi les gens se désiraient-ils les uns les autres...? Et pourquoi ces sentiments étaient-ils si forts qu’ils avaient un pouvoir si exaspérant...?

 

elle aurait pu toujours craindre la puissance de ces sentiments, mais s’entendre dire "je t’aime" ----- être l’objet de l’affection de quelqu’un, rien qu’un peu, était une chose qui la rendait heureuse. Elle en était certaine.

 

"Mais peut-être.... peut-être que les gens vivent parce qu’ils aiment..."

 

Les mots que Sakomizu avait maladroitement laissés échapper montraient qu’il avait lui-même éprouvé ces sentiments.

 

Il soupira.

 

Natsuki sourit.

 

Mettre de la distance avec les sentiments de Takeda avait été une tâche aisé pour elle. Elle se sentait soulagée, et même un peu nostalgique en y repensant. Elle ne lui avait donné aucune réponse, hormis un court message disant "Merci. Je suis désolée." avant qu’il ne parte à la fermeture de l’école.

 

Il y avait quelqu’un d’autre pour Natsuki ------ qu’lqu’un don’t elle savait vouloir accepter pleinement les sentiments.

 

Bien qu’elle ne comprit pas parfaitement ces sentiments, elle voulait y répondre.

 

----- j’ai choisi le chemin que je veux prendre....

 

Même si elle n’avait pas les sentiments que Shizuru attendait.

 

Elle aimait Shizuru ----- c’était la vérité.

 

"Je prie pour ce qu’il y a de mieux pour toi..."

 

Sur ce dernier murmure, Sakomizu partit.

 

Elle se tourna vers la falaise, comme pour assimiler ses mots.

 

En bas de la falaise abrupte -------

 

Les vagues allaient et venaient en roulant.

 

Elles se brisaient en atteignant la falaise.

 

Le vent soufflait de la mer, froissant les cheveux sombres de Natsuki. Embrasé par le soleil couchant, flottait légèrement.

 

Natsuki resta là seule, contemplant calmement l’étoile des HiM.

 

----------L’heure fatidique a sonné.

 

FIN